RM 77 - Femmes
Yvette Guilbert
1891
Pastel
Signé et daté et dédicacé en bas à droite “A Melle /Yvette Guilbert / J.E. Blanche / 91” ; au verso, sur une étiquette "Mme Yvette Guilbert, 120 rue de Courcelle (sic)"
80 x 60 cm - 31''3/8 x 23''1/2 in.
Provenance :
Collection du modèle
Tajan, Paris, 24 novembre 1998, lot 84, est. 600 000/800 000 FRF, invendu
Tajan, Paris, 29 avril 1999, n° 325, estim.: 400 000/500 000 FRF, invendu
Tajan, Paris, 22 juin 2000, n° 6, estim.: 250 000/350 000 FRF, invendu
Musée Carnavalet, Histoire de Paris, inv. D14754, acquis le 30 juin 2000
Expositions :
1929, Paris, Hôtel Jean Charpentier, Mes modèles, peintures et pastels de Jacques-Emile Blanche, 2 - 26 mai, n°22
2014, Paris, Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, Paris 1900, La ville spectacle, 2 avril - 17 août 2014, p. 346, reproduit en couleur
Bibliographie :
Jacques-Emile Blanche, peintre (1861-1942), catalogue d’exposition, Rouen, Musée des Beaux-Arts, 1998, p. 223
Farinaux-Le Sidaner Yann, Derniers impressionnistes, le temps de l’intimité, Editions Monelle Hayot, Château de Saint-Rémy-en-l’Eau, 2018, p. 239, reproduit en couleur
Emma Laure Esther Guilbert, dite Yvette Guilbert (1865-1944), est une célèbre chanteuse française du café-concert et actrice. À seize ans, après six mois passés dans un atelier de couture, elle entre comme vendeuse aux grands magasins du Printemps, boulevard Haussmann, à Paris. En 1885, elle suit des cours d'art dramatique. Elle se révèle " timide à la ville et audacieuse à la scène ", comme elle le rapporte elle-même, fait ses premiers pas au théâtre des Bouffes du Nord, puis passe au théâtre de Cluny. Fin 1885, Yvette Guilbert rencontre Charles Zidler, directeur de l'Hippodrome et créateur du cabaret parisien " Moulin Rouge ". En 1887, elle entre au théâtre des Nouveautés, où elle a notamment un petit rôle dans une pièce de Feydeau. L'année suivante, elle passe au théâtre des Variétés, où, là encore, elle n'a que de petits rôles. Elle décide alors de se tourner vers la chanson et le café-concert. Elle tient les premiers rôles dans l'opérette Le Moulin de la galette d'Alphonse Allais et Jules Desmarquoy en 1888, puis en 1890 dans la revue légère de George Auriol et Narcisse Lebeau, Pourvu qu'on rigole , que donne le Divan japonais, "café chantant" de la rue des Martyrs dirigé par Jehan Sarrazin, où elle se produit régulièrement jusqu'en 1892. Sarrazin, son directeur artistique, la surnomme " la diseuse fin de siècle ", car elle a l'habitude d'entrecouper ses chansons de phases parlées. Entre-temps, en 1889, elle obtient un engagement à l'Eldorado, qu'elle quitte presque aussitôt pour entrer à l'Éden-Concert, mais ne parvient toujours pas à se faire un nom. En août 1889, Freud vient l'écouter à l'Eldorado sur les conseils de Mme Charcot. Par la suite, Freud affichera dans son bureau une photo dédicacée par elle et ils entretiendront une correspondance assez suivie. Elle interprète de nombreuses chansons de Paul de Kock. Le succès n'arrive qu'en 1891, après un engagement au Moulin Rouge qu'elle doit à la confiance de Charles Zidler. Marcel Proust lui consacre son premier article dans Le Mensuel en février 1891. Jules Chéret, Toulouse-Lautrec ainsi que Blanche la représenteront . Atteinte d'une grave maladie à partir de 1900, elle finit par remonter sur scène, au Carnegie Hall de New York en 1906, puis au Casino de Nice en 1913, mais avec un répertoire tout à fait nouveau, composé de chansons plus littéraires, comportant des reprises de poésies anciennes et modernes, ainsi que des chansons du Moyen Âge. Elle consacre la fin de sa vie aux grandes salles d'Europe et d'Amérique, avec pour pianiste Irène Aïtoff (1904-2006). Parallèlement, elle ouvre une école de chant à Bruxelles, tourne dans quelques films, rédige des chroniques, fait de la mise en scène, anime des émissions de radio et écrit des livres.